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Σάββατο 11 Ιανουαρίου 2014
Παρασκευή 10 Ιανουαρίου 2014
Blaise Cedrars Brasil
En 1924, Blaise Cendrars s’embarque sur le Formose pour le Brésil à l’invitation de son ami écrivain Paulo Prado. De son arrivée sur les côtes, à l’âge de trente-sept, le poète n’oubliera rien. Ni les exclamations excessivement admiratives et bruyantes des autres passagers, ni les crépitements des dizaines de flashs, ni les propos idiots et attendus de ses comparses ("c’est un paradis terrestre!"), ni, est-il forcé de l’admettre, sa propre fascination… En 1952, il publie Le Brésil, des hommes sont venus, un recueil d’une centaine de pages comprenant deux courts chapitres à la confluence du récit de voyage, de l’essai et du poème en prose ainsi qu’une série de photographies de Jean Manzon qu’il commente de sa plume. Blaise Cendrars s’élance dans une promenade sinueuse où s’entrelassent contradictions et digressions dans l’espoir de saisir l’essence d’un pays complexe et mythifié depuis des siècles. Cet ouvrage, dont le désordre est précisément l’une des saveurs, aborde ainsi une pluralité de thèmes parmi lesquelles le carnaval de Rio, les danses et les chants indigènes, l’histoire des migrations, l’anthropophagie, la musique, l’eugénisme, l’Amazonie… Blaise Cendrars s’intéresse tout particulièrement aux premiers siècles de la colonisation. Il consacre plusieurs pages à la vie de Caramuru, un homme blanc qui était inexplicablement présent sur les terres brésiliennes, à Reconcavo, à l’arrivée de la première flotte portugaise en 1501. Blaise Cendrars mène son enquête. Avec humour, le poète explique qu’au fil du temps il avait fini par devenir l’un de ses ennemis personnels car chacune des recherches qu’il menait à son sujet conduisait invariablement à des données contradictoires et impossibles à interpréter. Il parviendra tout de même à recueillir quelques informations éparses : Caramuru, dont on ignore le nom chrétien, signifie "tombé dans le trou " en tupi. Il serait sorti de la jungle pour venir à la rencontre des colons avec à sa suite soixante-quinze filles et soixante-quinze garçons, ses propres enfants issus d’unions avec des indiennes. Les Portugais, stupéfaits, l’ont interrogé durant des heures mais n’ont jamais obtenu la moindre réponse. On ne sut jamais quelle était sa nationalité ni la raison pour laquelle il se trouvait là. Beaucoup supposent qu’il s’agissait d’un naufragé. Pour Blaise Cendrars, Caramuru incarne le fait que les mythes sont constitutifs de l’identité du pays, légende et réalité ne cessant jamais véritablement de s’imbriquer.
Les photographies de Jean Manzon illustrent la diversité ethnique, culturelle et territoriale du Brésil. On peut ainsi découvrir pêle-mêle des clichés de la plage, d’un stade de foot ( Blaise Cendrars insiste beaucoup sur la ferveur footballistique nationale), du carnaval de Rio, d’indiens travaillant dans des plantations de caoutchouc, de troupeaux de bœufs, de chercheurs de diamants… Blaise Cendrars commente les photographies au gré de ses inspirations. Il revient une fois de plus sur cette idée reçue selon laquelle le Brésil est un "paradis terrestre", notamment à partir d’une série de cliché sur l’Amazonie. Pour le poète, "L’enfer vert" serait un terme plus approprié. Toute entreprise humaine y est vouée à l’échec comme l’illustre l’éboulement des digues ou le craquement des trottoirs en mosaïque à Manaus. La jungle y apparaît comme étant bien plus puissante que l’hybris de l’homme à vouloir la dompter. Le poète évoque également le commerce du caoutchouc, mis à mal à partir de 1920 par la concurrence des plantations asiatiques, et les conditions épouvantables dans lesquelles vivaient les seringueiros (les chercheurs de caoutchouc). L’enfer vert l’est également en raison de la "solitude inhumaine" qu’elle induit. Le poète cherche l’homme, ne l’y trouve pas et s’en effraie à plusieurs reprises : "C’est trop grandiose. On cherche l’homme. Il n’y en a pas et cela fiche le cafard". Le sombre tableau de Blaise Cendrars est parfois parsemé de touches plus claires et plus lumineuses qui rappellent sa passion et sa fascination pour le pays. Il évoque ainsi les lumières de Rio de Janeiro (qu’il compare à Sydney et Paris) et ses "perles lumineuses" qui serpentent à travers la ville dès la nuit tombée. Il parle également de la richesse de l’histoire brésilienne, de son architecture, des métissages, de la flore extraordinaire, de la ferveur ambiante (religieuse, footballistique, artistique), des métissages, de la sensualité et de la déshinibition des femmes, des teintes de couleurs qui lui étaient inconnues et qu’il découvre avec ravissement.Le Brésil. Des hommes sont venus ne s’espère ni rigoureux, ni scientifique, ni distancié et ne l’est guère mais il déborde de curiosité, de mystère, de contradictions, d’enthousiasme, et de poésie…
Les photographies de Jean Manzon illustrent la diversité ethnique, culturelle et territoriale du Brésil. On peut ainsi découvrir pêle-mêle des clichés de la plage, d’un stade de foot ( Blaise Cendrars insiste beaucoup sur la ferveur footballistique nationale), du carnaval de Rio, d’indiens travaillant dans des plantations de caoutchouc, de troupeaux de bœufs, de chercheurs de diamants… Blaise Cendrars commente les photographies au gré de ses inspirations. Il revient une fois de plus sur cette idée reçue selon laquelle le Brésil est un "paradis terrestre", notamment à partir d’une série de cliché sur l’Amazonie. Pour le poète, "L’enfer vert" serait un terme plus approprié. Toute entreprise humaine y est vouée à l’échec comme l’illustre l’éboulement des digues ou le craquement des trottoirs en mosaïque à Manaus. La jungle y apparaît comme étant bien plus puissante que l’hybris de l’homme à vouloir la dompter. Le poète évoque également le commerce du caoutchouc, mis à mal à partir de 1920 par la concurrence des plantations asiatiques, et les conditions épouvantables dans lesquelles vivaient les seringueiros (les chercheurs de caoutchouc). L’enfer vert l’est également en raison de la "solitude inhumaine" qu’elle induit. Le poète cherche l’homme, ne l’y trouve pas et s’en effraie à plusieurs reprises : "C’est trop grandiose. On cherche l’homme. Il n’y en a pas et cela fiche le cafard". Le sombre tableau de Blaise Cendrars est parfois parsemé de touches plus claires et plus lumineuses qui rappellent sa passion et sa fascination pour le pays. Il évoque ainsi les lumières de Rio de Janeiro (qu’il compare à Sydney et Paris) et ses "perles lumineuses" qui serpentent à travers la ville dès la nuit tombée. Il parle également de la richesse de l’histoire brésilienne, de son architecture, des métissages, de la flore extraordinaire, de la ferveur ambiante (religieuse, footballistique, artistique), des métissages, de la sensualité et de la déshinibition des femmes, des teintes de couleurs qui lui étaient inconnues et qu’il découvre avec ravissement.Le Brésil. Des hommes sont venus ne s’espère ni rigoureux, ni scientifique, ni distancié et ne l’est guère mais il déborde de curiosité, de mystère, de contradictions, d’enthousiasme, et de poésie…
Après avoir été longtemps introuvable, il est disponible depuis 2010 dans la collection Folio de Gallimard accompagné des photographies de Jean Manzon commentées par Blaise Cendrars.
"Sur les 8 500 000 kilomètres carrés que comporte la superficie du Brésil, 4 500 000 kilomètres carrés, soit plus de la moitié du territoire national, composent, à proprement parler, le bassin amazonien, qui n’est qu’une immense forêt impénétrable. À peine deux millions d’habitants, c’est-à-dire moins d’un vingtième de la population totale du Brésil, vivent dispersés dans ces solitudes aquatiques et sylvestres de la grande forêt équatoriale, où l’impétuosité des eaux détruit tout sur son passage en temps de crue et où la débordante Amazone, aux sources inépuisables, lutte avec la puissance envahissante et sans cesse renaissante de la végétation qui prend racine sur ses racines en forme de digue, qu’elle veut fixer et que lui ronge et dont il détache des pans, grands de plusieurs hectares, qu’il charrie lentement vers la mer, îles flottantes, avec des milliers, avec des dizaines de milliers d’arbres qui se tiennent debout, et qui ne s’affaissent, et qui ne s’écroulent et qui ne se versent, les racines en l’air, que dans la houle de l’Océan, souvent fort loin au large.L’Amazonie est réellement la dernière page de la Genèse qu’il reste à écrire », a dit Euclide da Cunha, le génial écrivain de la sertao et le plus grand connaisseur de sa terre et de ses gens, le Brésil, son unique passion. Regardez bien cette photographie du Labyrinthe. En effet, c’est un monde en formation que l’on découvre du haut des airs. Où s’arrête l’eau, où finit la forêt (dont vous avez une vue plus rapprochée donc plus intense) et que prépare ce ciel à l’horizon, chargé de nuées de chaleur ? Seul l’emploi de l’avion a permis de capter pour le climat de cette vue pathétique ».
"Sur les 8 500 000 kilomètres carrés que comporte la superficie du Brésil, 4 500 000 kilomètres carrés, soit plus de la moitié du territoire national, composent, à proprement parler, le bassin amazonien, qui n’est qu’une immense forêt impénétrable. À peine deux millions d’habitants, c’est-à-dire moins d’un vingtième de la population totale du Brésil, vivent dispersés dans ces solitudes aquatiques et sylvestres de la grande forêt équatoriale, où l’impétuosité des eaux détruit tout sur son passage en temps de crue et où la débordante Amazone, aux sources inépuisables, lutte avec la puissance envahissante et sans cesse renaissante de la végétation qui prend racine sur ses racines en forme de digue, qu’elle veut fixer et que lui ronge et dont il détache des pans, grands de plusieurs hectares, qu’il charrie lentement vers la mer, îles flottantes, avec des milliers, avec des dizaines de milliers d’arbres qui se tiennent debout, et qui ne s’affaissent, et qui ne s’écroulent et qui ne se versent, les racines en l’air, que dans la houle de l’Océan, souvent fort loin au large.L’Amazonie est réellement la dernière page de la Genèse qu’il reste à écrire », a dit Euclide da Cunha, le génial écrivain de la sertao et le plus grand connaisseur de sa terre et de ses gens, le Brésil, son unique passion. Regardez bien cette photographie du Labyrinthe. En effet, c’est un monde en formation que l’on découvre du haut des airs. Où s’arrête l’eau, où finit la forêt (dont vous avez une vue plus rapprochée donc plus intense) et que prépare ce ciel à l’horizon, chargé de nuées de chaleur ? Seul l’emploi de l’avion a permis de capter pour le climat de cette vue pathétique ».
Πέμπτη 9 Ιανουαρίου 2014
La Vie de Boheme – The Original Starving Artists
Back in the mid-19th century, there was a guy named Henri Murger – and artists everywhere should know this guy. Murger lived among the Bohemians, a group of French people in Paris who lived poor, obscure lives – until Murger wrote a book about them.
Scenes de La Vie de Boheme made the Bohemians famous. They went from being destitute, undereducated artisans to being romantic figures of suffering and pathos almost overnight. Murger used language to turn the Bohemians into romantic paragons of virtue, and it became fashionable for wealthy Parisians to dress like the Bohemians, talk like the Bohemians, and even “adopt” a Bohemian as their project.
Artists Become Trendsetters
In The Warhol Economy, Elizabeth Currid explains how artists changed parts of New York City from the slum-infested tenements of movies like Newsies to the happening couture districts of today’s SoHo or Greenwich Village. When the artists went in, these were the places where they could afford to live and work. After they cleaned the places up, the wealthy elite followed, purchasing the property from under the artists who had been squatting there and raising the property values to the point where artists who didn’t have established careers couldn’t live there.
Its a well established fact that artists frequently live at the edge of culture, fashion, and education. Artists are thinkers and innovators in many, many ways. The Bohemian artists of Murger’s day who were lucky enough to gain a patron had tremendous influence on society. Murger’s work generated a stage play, as well as an opera, La Boheme, based on his novel. Subsequently there has been a Jazz album, several films, a Broadway musical (Rent), and another musical film (Moulin Rouge).
Obviously La Boheme is a great story. The opera, as well as the musical Rent, is popular because it romanticizes the Bohemian life. The idea of living a care-free life is appealing. Here’s the thing – Murger himself said that the Bohemian lifestyle represented a stage in an artist’s life, and from there the artist must move either to the Academy (school & a professional career) or to the hospital and then, if they still refuse to move on, to death.
The non-artists who emulate that lifestyle recognize it after a while and they move on. They become doctors, lawyers, or some other ‘respectable’ profession. Artists are tied to this lifestyle for some reason – and the ones that are able to rise above the limitations of Bohemia are the ones who do well.
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There’s a lot of talk about whether it’s important to work on art that sells or work on art that is artistically fulfilling. But here’s the thing: your art career is how you support yourself, or you at least want it to be, yes?
It’s not just about the money. Like Daniel Sroka says says in his article, finding the balance between pursuing passions and pursuing money is really important.
You need to pursue your art business with the same vigor and passion that you paint, sculpt, draw or sing. Pushing off your business to pursue something more ‘fulfilling’ can lead you down the path of the Bohemians – a path of life that may seem like fun and frivolity at first, but which ultimately leads to poverty, sickness, and death.
But I Don’t Know How! (foot stomp)
This really isn’t an excuse. When I did a guest post on IWillTeachYouToBeRich.com, there were several artists who opined in the comments section that I was putting artists down, that they just hadn’t been taught how to be in business in art school.
The truth is that there are endless resources on becoming a business savvy artist. There’s Alyson, Tara, Barney, Clint, Nicolena, Ann, and a whole bunch more people (like me) who are more than willing and able to teach artists how to be in the business of art.
Don’t let not knowing get in the way. It’s too easy to look at your bank account and wistfully sigh, “But, at least I’m an artist.” I’ve done it. We’ve probably all done it at some point. We can’t let that happen, and we have to stop letting that happen to our fellow artists.
Henri Murger was a brilliant writer, but he did us all a disservice when he romanticized the Starving Artist lifestyle and helped it grow to mythological proportions. We did ourselves a disservice when we allowed the rest of humanity to start treating us like we deserved to be poor just because we’re artists.
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